Mara Tremblay pourrait bien dévoiler son meilleur album en carrière | Le Sac de chips
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Mara Tremblay pourrait bien dévoiler son meilleur album en carrière

 « Pourrait », oui.  

 Mara Tremblay  

Photo courtoisie

★★★★1/2  

Uniquement pour toi  

« Pourrait », car Mara Tremblay est de cette caste d’artistes insaisissables qui échappe aux étiquettes.       

Dès ses débuts en solo avec son folk délicieusement déglingué (Le chihuahua, 1999) au rock assumé de Cassiopée (2011) en passant par la pop mi-somptueuse, mi-psychédélique de Tu m’intimides (2009), l’autrice-compositrice-interprète fait – à l’instar de Beck – fi des attentes et, cerise sur le sundae, ne déçoit jamais (ou, du moins, pas encore à ce jour).       

Et, à ce point-ci, vous aurez deviné qu’avec ce huitième album, Mara Tremblay maintient sa moyenne au bâton.       

Dix ans plus tard  

C’est justement Tu m’intimides qui vient en tête lorsqu’on patauge pour saisir une balise en écoutant Uniquement pour toi. Sans être un Finding Dory musical (c’est-à-dire une suite dévoilée dix ans plus tard), cette nouvelle offrande se distance de la discographie actuelle de la principale intéressée par ses tangentes pop éthérées sans compromis (la finale de Paris en témoigne tout particulièrement).       

En bonne compagnie  

Pour celles et ceux qui n’auraient pas accès au livret accompagnant l’œuvre, notons que Tremblay y retrouve plusieurs collaborateurs de longue date – dont son fils à la batterie – en plus de chanter les paroles d’un autre (une première, outre quelques covers).       

En effet, Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) propose ici deux textes qui se marient à merveille à l’univers tissé par Mara Tremblay et Olivier Langevin qui, pour sa part, laisse son empreinte distincte sur Uniquement pour toi sans jamais dénaturer le projet.        

Là, j’allais ajouter que c’est un album qui mérite une écoute attentive, sans saut de pièces, etc., mais – confinement oblige –, je n’enfoncerai pas le clou. En bref : c’est super bon. Voilà.       

Hayley Williams  

Photo courtoisie

★★★  

Petals For Armor  

Hayley Williams, chanteuse du combo pop punk Paramore, a profité d’une pause de son fameux groupe pour triturer ses propres musiques et textes. En résulte une première œuvre quand même épatante. Sans être percutante, le pop rock indie flirtant avec l’électro et beaucoup de simplicité volontaire s’avère plus satisfaisante que ce que Paramore propose depuis quelques années. À titre de référence, les fans de Tegan and Sara ou encore de la pop de Rina Sawayama, voire du rock décomplexé de Soccer Mommy, devraient tendre l’oreille. Les autres mélomanes aussi d’ailleurs !   

Big Sugar  

Photo courtoisie

★★1/2  

Eternity Now  

Près de 20 ans après le premier album homonyme de son projet (et cinq années après la parution de Calling All The Youth, son dixième LP), Gordie Johnson persiste, signe et propose une œuvre qui ne plaira essentiellement qu’aux fans de Big Sugar. Bien que pas dégueulasse du tout, Eternity Now est tout simplement une nouvelle fournée de compositions rock flirtant avec le blues, le dub et le reggae (la marque de commerce de Big Sugar, quoi). Sans grande accroche, ces pièces sont interchangeables autant sur ce disque que dans la discographie du groupe. Zut.    

    

Cléa Vincent  

Photo courtoisie

★★★1/2  

Tropi-Cléa 2  

Hop. L’artiste pop française propose, trois ans plus tard, un second maxi flirtant avec des rythmes latins. Évidemment, Cléa Vincent ne se perd pas dans l’exercice de style et y marie avec brio sa marque de commerce du moment : une pop vaporeuse, branchouillarde et – surtout – bien foutue. Bien que produit avec les moyens et ambitions du bord, Tropi-Cléa 2 s’impose tout de même et les amateurs du matériel d’Angèle et de Clara Luciani devraient y trouver leur compte également. Avertissement, toutefois : vous risquez d’avoir Du sang sur les congas en tête pendant des jours.        

  

Coup de coeur  

Noé Talbot, Dominic Pelletier  

Photo courtoisie

★★★1/2  

Reprises acoustiques, vol. 2  

Bien qu’entre des mains moins habiles, le projet serait à la limite du tolérable (soyons lucides : reprendre en français des classiques du punk rock à la sauce acoustique est une recette un brin facile), Talbot et Pelletier s’en tirent à bon compte en faisant fi du second degré. Ils s’investissent, bref. À fond, même. Imaginez, Dammit de Blink-182 est maintenant une ballade larmoyante, sans second degré, sans ironie, bardée de violons et de sincérité. Et, mieux encore, ça marche ! Pour un public très niché, certes, mais comme j’en suis, voici donc!

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